SAMEDI 29 MAI

Lever matinal. Il faut tout ranger avant d’aller sur l’autre rive pour une toilette rapide dans le cours d’eau et les vasques d’hier. Chacun trouve, un coin de rocher, un trou d’eau, un filet d’eau et l’on se lave comme on peut. Retour sur le bateau pour le petit déjeuner. Le chaland reprend sa navigation, la matinée va être émaillée de découvertes. Arrêt dans un village très pittoresque de l’ethnie Sakalava, majoritaire dans la région. Les nombreux enfants s’agglutinent autour de nous, nous donnant la main.

Le directeur de l’école nous accueille puis nous partons pour la visite du hangar au tabac où travaillent plusieurs femmes : tri des feuilles, confection de manoques, réalisation de balles au pressoir… Beaucoup de poussière, hangar sombre et chaud et l’odeur acre du tabac font que la visite ne s’attarde pas. Retrouvaille avec les enfants qui réclament bonbons, stylos… mais nous suivons la consigne de notre guide de ne rien distribuer. Les habitations sont petites, en roseaux et branches et l’équipement très sommaire, pas d’électricité ni d’eau (le fleuve est à quelques mètres). Néanmoins il y a des boutiques : épicerie, marchand de tissu, débit de boisson. Nous reprenons presque à regret notre périple. Repas de midi terminé par de succulentes papayes (avec sucre et citron).

Notre rêverie est interrompue par un arrêt imprévu. On est échoué. L‘équipage, de l’eau jusqu’aux genoux, ayant un peu de mal à remettre le chaland en eau, une partie d’entre nous les rejoignent, ce qui a pour premier avantage d’alléger le chaland. Après quelques minutes d’efforts, il flotte à nouveau. Le capitaine réussit à trouver un passage et la croisière se poursuit. Arrêt dans un nouveau village choisi par notre guide. Nous ne sommes pas attendus et le chef vient à notre rencontre. Sa tenue vestimentaire nous indique que ce village est assez dépourvu, La pauvreté y règne : les enfants sont en haillons, les cases n’ont que le strict minimum, c’est assez triste ! Nous distribuons sur les conseils de notre guide, des vêtements qu’immédiatement ils revêtent. Un jeune à qui on a donné un chaud sweat-shirt, l’enfile immédiatement malgré la chaleur. Tout un symbole. Le chef nous raccompagne avec des enfants et des gens du village pour un long adieu tandis que le chaland s’éloigne. Le fleuve s’élargit, les berges s’éloignent, on navigue de l’une à l’autre à la recherche du passage, évitant les bancs de sable d’où des centaines de canards ou de sarcelles s’envolent.

Quelques ibis, perchés sur les arbres, aux énormes racines apparentes plongeant dans le fleuve, nous observent. Des échassiers perturbés dans leur pêche s’envolent à regret. Dans les parties peu profondes, des taches vert tendre nous indiquent les semis de riz sur le limon. Puis au dessus en étage, des haricots, du maïs, des patates douces ; La région semble plus prospère. Des hameaux sont disséminés tout au long et les enfants nous saluent au passage, tandis que nous observons les habitants, au travail dans les champs, faisant boire leur troupeau de zébus ou faisant la lessive au bord du fleuve. La forêt est encore présente bien que moins dense. Cette région échapperait-elle à la déforestation? De temps à autre, on croise une pirogue évoluant élégamment, propulsée par une longue perche maniée par le marin.

De longueurs variées, très profilées, creusées dans le tronc d’un arbre, elles promènent parfois toute une famille. On en a même vue une, avec à l’intérieur, sur du sable, un feu de bois ainsi que la marmite! Enfin nous arrivons sur une plage, pas facile d’accès, bordée de semis de riz, accueillis par un groupe d’enfants. Les tentes sont plantées et nous attendons le repas : poulet frites, bananes flambées. Rassemblement autour d’un feu de bois avec les gens du village. Nous avons droit à un spectacle musical ; Deux sortes de guitare plus ou moins bien bricolées, une percussion, rythment les chants des adultes et les danses des enfants. Les enfants, très doués, doivent pratiquer souvent ce type de spectacle! La plus petite, trois ans peut-être, était adorable. Le feu a brûlé bien après notre coucher (vers 21h30).
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022/MINTOUR/SG/DG/DADI du 05/06/2001
086/MCT/SG/DG/GUIDE du 08/11/2005